C’est aujourd’hui, un petit requin pointe noire qui a mordu une femme près du motu Tapu, à Bora Bora, après, semble-t-il, une séance où l’on attire les requins avec de la nourriture.
Quand donc va-t-on arrêter ces pratiques en principe interdites et laisser tranquilles ces magnifiques poissons? Ils sont chez eux et ils nous acceptent avec patience, avec crainte peut-être aussi.
Chacun sait combien il est facile d’attirer un poisson avec de la nourriture. Chacun a été le témoin émerveillé mais aussi effrayé de la force de l’attaque d’un requin lorsqu’on lui jette une tête de thon. La première fois, il s’étonne, prend la tête et fuit rapidement. Les fois suivantes, il se rapproche, moins farouche, comme le renard du Petit Prince. Un jour, il n’a plus peur. Il voit, un bras ou une jambe et c’est l’accident.
Laissons les tranquilles. Ne les nourrissons plus. Ne fréquentons pas toujours les mêmes endroits où l’on peut les rencontrer, les mêmes spots de plongée, les mêmes lieux de prédation. L’accident de Punaauia était peut-être du à la surfréquentation du site, par les plongeur, les pêcheurs et les surfers. Il n’y avait pas de « shark feeding ». Soit, mais les pêcheurs ne jettent-ils pas à la mer des restes de poissons pour attirer leurs proies? J’ai entendu dire que les tortues remontaient souvent autour des bateaux.
Nous avons une des plus belle nature dont on puisse rêver. Protégeons-la. Laissons les êtres vivants avec qui nous la partageons y vivre en limitant les interactions. Ne pas abimer les coraux, protéger la barrière récifale, observer sans perturber les poissons, limiter la pêche….
Bien sûr, les habitants aussi veulent vivre. Les professionnels de la plongée, les pêcheurs ou les guides touristiques qui rêvent de montrer à leurs clients ces beautés inégalées. Bien sûr les touristes sont prêts à payer pour être sûr de vivre le grand frisson, de photographier l’image de leur séjour. Il ne faut pas toujours les écouter. La beauté se mérite, avec patience et détermination. La Polynésie n’est pas « Marineland ».
Alors, s’il vous plait, aimez ce pays plus que l’argent. Laissez ces animaux vivre leur vie. Croyez-vous que le souvenir d’un nourrissage, justement à Bora Bora, où l’accompagnateur saisissait un jeune requin pour le rejeter plus loin après un vol plané où l’on ressentait toute la peur du squale soit le meilleur souvenir que je garde?