Projet immobilier au PK 15





Depuis quelques jours, le projet immobilier en bord de mer au PK15 à Punaauia mobilise journalistes, politiques et opposants. Pour nombreux d’entre nous, un important projet comme celui-là peut créer un sentiment d’inquiétude, « le projet va menacer l’environnement et l’esprit du quartier », et de dépossession, « la plage va être privatisée ». C’est compréhensible. C’est humain et je m’associe à ceux qui se posent des questions.

Si, comme tout le monde, j’attends des réponses, je voudrais cependant réfléchir à un aspect plus profond de des projets immobiliers grands ou petits et au delà même de ces projets sur le rapport que nous avons avec la loi.

Comme tous les projets immobilier, celui-ci doit satisfaire aux exigences du plan d’urbanisme (PLU). Celui de Punaauia a été établi il y a déjà quelques années, après une procédure lourde et fastidieuse qui associé les citoyens. Il a été arrêté, voté et mis en vigueur. Pour faire simple, pour construire ou parfois simplement agrandir ou aménager une maison, il faut respecter les règles définie par le plan d’urbanisme. Lorsque l’on se trouve confronté à ces exigences, c’est souvent assez pénible. Pourtant, cela a aussi un bon coté: s’il est conforme au PLU, le projet suit son cours sans trop de difficultés. Pour les promoteurs immobiliers, c’est un outil indispensable qui leur permet d’investir en études, en plans d’architectes et en préparation du dossier de permis de construire en étant raisonnablement sûr de pouvoir réaliser le projet, dès lors qu’il est conforme à toutes les règles. C’est vraisemblablement le cas au PK15.

Et pourtant, quelques centaines de manifestants se sont réunis. Ils s’opposent au projet. La mairie s’est émue et a lancé une enquête publique. Les journalistes en ont fait de longs articles. Sauf erreur ou omission de ma part, aucun ne semble s’être demandé si le projet n’était tout simplement pas conforme au PLU.

Si tel état le cas, la question sous jacente finalement est notre rapport avec la loi. Le propriétaire d’un terrain décide de lancer un projet conforme à la loi. Chacun de nous, petit propriétaire ou plus grand, pourrions être empêchés par d’autres citoyens de conduire un projet légal sur notre terrain? Quelle relation avons nous donc avec la loi? Comment un pays, grand ou petit, peut-il maintenir un cohésion à long terme s’il n’y a pas un consensus sur le rôle de la loi?

Montesquieu pensait que la loi doit être le reflet de l’attente des citoyens. Il est vrai que le code de l’urbanisme appliqué ici est partagé avec la France. Cependant, je ne connais pas de pays développé qui n’ait mis en place des règles d’urbanisme. Cela permet de débattre lors de son élaboration, d’arriver à une décision aussi consensuelle que possible et de servir d’appui pour accélérer les projets.

Alors, pourquoi ces réactions face à un projet légal? la loi, c’est uniquement lorsque elle nous arrange? Ou alors, est elle trop compliquée, trop difficile à comprendre? Le PLU a-t-il été expliqué aux citoyens?

Comme partout, une bonne loi est celle qui a été expliquée et est comprise. A-t-on fait cet effort?

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