Fiscalité au fenua: où est la sortie?

En suivant les débats récents sur la fiscalité, il ressort une impression, confirmée par les données. Il est très difficile d’augmenter les prélèvements obligatoires sans souffrir un impact négatif sur l’économie. Ces dernières années, l’imagination n’a pas manquée. Souvenez-vous, la loi des milles pour-cent, heureusement abrogée ou la TVA sociale, un impôt à fort rendement, mais aux impacts économiques désastreux. Récemment, la taxation du foncier bâti, un impôt à l’assiette bien définie, qui freinerait à coup sûr les nouvelles constructions. L’assemblée, dans sa sagesse, a abrogé l’un et refusé l’autre.

Cela ne résout cependant pas le problème des gouvernements successifs: comment financer le développement? Comment financer les services publics? Comment assurer la protection sociale?

Mais surtout, pourquoi en sommes-nous là? La réponse à cette question tient en un constat terrible: nous ne nous développons pas. En plus de vingt ans, la richesse des habitants du fenua n’a pas changé, pendant que celle des habitants du monde augmentait de près de 50%. Comment peut-on espérer accroitre les prélèvements sur la base d’une assiette qui ne change pas?

Un fois ces questions posées, le chemin vertueux commence à se dessiner: Il faut encourager l’investissement, créer des emplois, en un mot, progresser. Plus facile peut-être à dire qu’à faire…

Pendant le dernier quart de siècle, le fenua a été maître de son destin économique. Il a choisi un chemin simple: priorité aux entreprises locales. Peu importe qu’elles soient performantes ou non. Peu importe si cela renchérissait le coût de la vie. Peu importe si les sans-emplois restaient obstinément trop nombreux. Nous voyons le résultat aujourd’hui. Nous nous sommes trompés.

Pour simplement atteindre les objectifs du gouvernement, il faut doubler l’offre hôtelière. Nous n’en avons pas les moyens. Il faut aussi développer un « cluster » numérique. Nous n’en avons, ni les compétences, ni les moyens.

Le chemin vertueux est tout tracé: ouvrir le pays aux compétences et aux capitaux étrangers. Devenir ce que les spécialistes appellent un pays « investors friendly ». Plus facile, encore une fois, à dire qu’à faire. Nos fonctionnaires sont arc-boutés sur leur mission de protéger le fenua. Nos chefs d’entreprise se sont développés dans ce contexte. L’ouverture, c’est l’inconnu. Cela fait peur. Le peuple du fenua, nourri au biberon d’une idéologie protectionniste, ne voit pas clairement les bénéfices d’une ouverture.

Voila votre travail, Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement: expliquer, expliquer pour convaincre, expliquer pour l’avenir du fenua. Fa’aitoito!

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