Concurrence: le cas d’une pharmacie

Le tribunal vient, encore une fois, montrer qu’il ne fait pas bon vouloir offrir une alternative aux pharmaciens installés. Notre gouvernement a répété à l’envie qu’il croit aux bienfaits de la concurrence. Qu’il joigne les actes à la parole!

Résumons les faits. La croissance de la population sur la perle du Pacifique a permis l’installation d’une deuxième officine, malgré des règles de numerus clausus très sévères. On peut se demander pourquoi celles-ci perdurent, mais ce n’est pas notre sujet d’aujourd’hui. Vous connaissez tous Bora Bora. Tout se passe à Nunu’e. La plupart des médecins et des commerces y sont installés. Le collège et le débarcadère aussi.

En matière de commerce, le dicton populaire affirme qu’il y a trois règles à respecter: l’emplacement, l’emplacement et l’emplacement. Pour qui veut ouvrir un commerce sur cette belle ile, Nunu’e est l’emplacement de choix. Notre jeune pharmacien arrive, lui aussi, à cette conclusion. Pour lui et pour presque tous les habitants, le meilleur endroit se situe à proximité de son concurrent. Les clients auront quelques pas à faire pour comparer les prix, l’offre et la qualité de service. Que le meilleur gagne!

Malheureusement, si nos élus parlent de concurrence, nos lois sont loin de la protéger. Elles protègent les commerçants en place. Elles protègent les rentiers. Bien sûr ceux-ci vont vous dire qu’ils ont mis des années pour se créer une clientèle. Ne les croyez pas trop, surtout quand il sont tout seuls. De plus, la concurrence c’est justement cela. Un entrepreneur dynamique observe un marché et y voit un potentiel suffisant pour s’y faire une place. Laissons le prendre le risque. Encourageons le. Voilà ce que veut dire développer la concurrence. Si des lois restrictives existent, abolissons-les. Le pays et ses habitants seront gagnants.

Une petite remarque pour terminer: nous avons, ici au fenua, deux fois moins de pharmacies par habitant, comparé à la France. Si chaque pharmacie emploie en moyenne dix personnes, Cela veut dire que cette activité fait vivre environ cinq cent familles et en enrichit une cinquantaine. Imaginez un peu l’effet d’un alignement sur la France: ce sont cinq cent familles de plus qui pourraient en bénéficier. Cela ne vaut-il pas le coût d’y penser?

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